Au Cameroun, le taux d’urbanisation connaît une augmentation forte et régulière. Il est passé de 28,5% en 1976 à 37,8% en 1987, 48,8% en 2005 (RGPH 1976, 1987, 2005). En 2005 et selon le 3ème RGPH le Cameroun avait 9 villes d’au moins 100 000 habitants (dans huit régions sur dix), 23 villes d’au moins 50 000 habitants et 78 localités d’au moins 10 000 habitants réparties entre toutes les régions. Cette urbanisation est essentiellement le fait, d’une part, de l’exode rural lié à la recherche d’un emploi et/ou d’un meilleur cadre de vie et, d’autre part, du différentiel naissance-décès positif au sein des populations vivant déjà en milieu urbain. En 2010, le taux d’urbanisation était de 52%, les villes abritant 10 091 172 sur 19 648 287 habitants.
Cette urbanisation rapide s’accompagne de nombreux défis auxquels le Gouvernement et la société civile organisée camerounaise font face. Parmi ces défis figure spécialement l’amélioration des quartiers populaires car comme la plupart des pays en développement, les quartiers populaires constituent un reflet du paysage urbain au Cameroun.
Ainsi, en 2004, les missions relatives au développement urbain et à l’aménagement du territoire sont confiées au Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU), à celui des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), celui des Transports (MINTRANSPORT) et celui en charge de l’Economie, la Planification et l’Aménagement du Territoire (MINEPAT). En 2013, la société civile au regard de la situation précaire de l’habitat des populations urbaines a entrepris un ensemble d’action pour mieux comprendre les préoccupations des populations à la base et formuler des propositions au Gouvernement. Le projet d’appui à l’amélioration des politiques publiques du Cameroun en matière de respect du droit à un logement décent, porté par le Comité Diocésain des Activités Sociales et Caritas de l’Archidiocèse de Douala (CODAS Caritas Douala) est l’une de ces actions de la société civile organisée.
Aujourd’hui encore, l’amélioration du cadre de vie des populations Camerounaises reste une priorité aussi bien pour le gouvernement que pour la société civile organisée. Le projet de promotion et de protection du droit au logement décent par l’amélioration des quartiers populaires dit projet « AQP » porté par le CODAS Caritas Douala est l’une des initiatives actuelles de la société civile organisée. Il vise à renforcer les capacités de la PLAFODAL pour une meilleure participation à l’amélioration de leur cadre de vie, à changer la perception négative et discriminatoire vis-à-vis des quartiers populaires et enfin, à favoriser l’aménagement concerté dans les quartiers populaires des communes cibles du projet. Il se déploie sur quatre axes d’interventions :
1. Axe 1 : l’accompagnement stratégique,
2. Axe 2 : le renforcement des capacités,
3. Axe 3 : les études et recherches et enfin,
4. Axe 4 : le plaidoyer et le lobbying.
Le Salon Villes et Toits du Cameroun est une activité de l’axe 4 plaidoyer et lobbying.

Au fil des ans; il est apparu, à travers des initiatives essaimées, mettant en œuvre diverses parties prenantes isolées, la nécessité d’engager, coordonner, promouvoir et faire connaitre lesdites initiatives afin d’engager une fécondation mutuelle des expériences et mieux organiser la contribution des différentes parties dans la recherche permanente des réponses à la question de l’habitat précaire, pour ne laisser personne derrière (ODD 11 et Nouveau Programme pour le Villes).
C’est donc pour palier à l’absence d’un tel espace de rencontre et de concertation, que le CODAS Caritas Douala, en partenariat avec divers acteurs locaux et nationaux, a initié le présent forum dénommée : Salon Villes et Toits du Cameroun.

Le Salon Villes et Toits du Cameroun est désormais le rendez-vous annuel de partage et de réflexion sur l’amélioration des quartiers populaires des villes Camerounaises. L’initiative voudrait d’une part, contribuer à la déconstruction de la perception négative et discriminatoire des quartiers populaires (Objectif spécifique N° 2 du projet de promotion et de protection du droit au logement décent par l’appui à l’amélioration des quartiers populaires), et d’autre part, à encourager les habitants des quartiers populaires à œuvre d’elles-mêmes pour l’amélioration de leur cadre de vie (Objectif spécifique N° 3 du projet de promotion et de protection du droit au logement décent par l’appui à l’amélioration des quartiers populaires).

L’an dernier, à l’occasion de la première édition du Salon Villes et Toits du Cameroun, les jalons de cet objectif ont été posés. Il a été question de mettre en exergue et de manière tout azimut, le potentiel des quartiers populaires. La participation d’acteurs clés de la ville de Douala ainsi que les recommandations fortes issue de cette première édition ont laissé entrevoir la nécessité d’adosser le « potentiel » des quartiers populaires à un objectif gouvernemental tel qu’un objectif de développement durable. Alors quoi de plus normal que de s’appesantir sur l’objectif du développement durable qui vise à faire en sorte que les villes et établissements humains soient ouverts à tous, surs, résilients et durables : ODD 11 ?
C’est la raison pour laquelle, en prélude à la célébration de la journée internationale des Villes qui aura lieu le samedi 31 Octobre 2020, cette deuxième édition du Salon ville et toits du Cameroun revêt une architecture différente de celle de la première édition: un seul jour d’activités et une thématique beaucoup plus centrée : DECONSTRUCTION DE LA PERCEPTION NEGATIVE ET DISCRIMINATOIRE DES QUARTIERS POPULAIRES : CONTRIBUTIONS ET DEFIS DANS L’ATTEINTE DE L’ODD 11.
De manière concrete, pour cette deuxième édition du SALON VILLES ET TOITS DU CAMEROUN, il sera question de :
 Offrir une tribune d’expression aux habitants des quartiers populaires pour présenter leur contributions à l’atteinte de l’ODD 11 ainsi que les défis qu’ils rencontrent;
 Renforcer les connaissances des parties prenantes du Salon sur les contributions et défis des quartiers populaires dans l’atteinte de l’ODD 11;
 Renforcer la collaboration entre les habitants des quartiers populaires d’une part et entre ces derniers et l’exécutif communal d’autre part.

Le public cible du Salon sont les populations des quartiers populaires, les élus locaux des communes d’arrondissement des villes du Cameroon notamment celles des villes de Douala et Yaoundé, l’administration locales et centrale (MINHDU, MINDCAF, MINDDVEL) en charge des questions d’amélioration des villes, les organisations de la société civile, les instituts d’études et de recherches, les universités, les media et enfin, les étudiants.

Au total, un minimum de 250 personnes cibles sont attendus.